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Pourquoi le QRcode a de l'avenir face au NFC et à la reconnaissance visuelle


VS VS
Reconnaissance visuelle   RFID - NFC   Codes barres (1D & 2D)
         
Trois technologies bien différentes sont sur le point de révolutionner notre quotidien. Celles-ci proposent de vous connecter à votre environnement immédiat grâce à votre smartphone mais chacune de manière bien différente (voir les notions de bases). En pratique cela veut dire que vous pourrez bientôt vous connecter à votre bouteille de lait, à votre téléviseur, à votre maison pour afficher des informations ou services liés, ayant pour fonction d’enrichir votre expérience. Tout votre environnement sera d’ici quelques années connectable et interconnectable. On sait déjà que notre réfrigérateur sera capable de commander nos bouteilles de lait et que notre mignon petit robot domestique se chargera de les ranger une fois livrées.

Que les applications qui en découlent soit pertinentes ou pas, ces technologies ne seront viables que si elles sont capables d’identifier précisément les objets qui composent votre environnement. C’est justement sur ce premier point, l’identification, que se départageront ces trois technologies révolutionnaires.

Dans la pratique, nos appareils ne devront pas confondre une boîte de cornflakes avec un baril de lessive. Il ne suffira pas non plus d’identifier approximativement qu’il s’agit d’une bouteille de lait. Le réfrigérateur, par exemple, aura besoin de savoir qu’il s’agit de l’exemplaire unique n°XYZ de la marque ABC. Ainsi, connecté à une base de données, il pourra savoir que cette bouteille XYZ sera périmée le 30 du mois et pourra même en recommander auprès de votre fournisseur préféré sans se tromper.

On comprend donc que les objets devront donc être identifiés de manière absolue et non approximative. La solution la plus évidente consiste à donner un identifiant unique à chaque objet. Une sorte de carte d’identité. L’avantage de cette méthode, en plus d’apporter une traçabilité réelle, est de pouvoir distinguer les exemplaires originaux des exemplaires contrefaits. Il serait en effet malvenu qu’un produit contrefait offre les mêmes services que l’authentique (accès à des contenus exclusifs onlines).

A ce stade d’anticipation, on constate qu’une des trois technologies est déjà disqualifiée. Il s’agit de la reconnaissance visuelle. Celle-ci ne sera en effet jamais capable de faire la différence entre deux bouteilles de lait identiques. Elle ne pourra donc pas reconnaître la vraie de la fausse. Ni la fraîche de la périmée. Elle ne pourra donc pas plus reconnaître l’exemplaire dont vous êtes propriétaire de celui d’un autre. La reconnaissance visuelle est impuissante à identifier de manière absolue les objets et par conséquent est incapable de lutter sérieusement face à la contrefaçon.


Reste donc le NFC et les QRcodes.

Les deux technologies sont capables de donner à chaque objet un identifiant unique mais avec des processus de marquage différents. Et à ce stade, c’est sur le plan économique et pratique, plus que sur le plan de la technologie pure, qu’elles se différencient. En effet le NFC suppose de fabriquer des « étiquettes » contenants des puces électroniques, puis de les apposer sur les objets/produits. Alors que les QRcodes peuvent être directement imprimés sur les objets. Pas de stocks d’étiquettes à fabriquer, à gérer et à poser. Enfin le coût des quelques gouttes d’encre utilisées pour le QRcode sera toujours plus compétitif que celui global (fabrication + mise en place) du NFC estimé aujourd’hui entre 0,20 et 0,30 cts d’Euros par étiquette.

Il arrive parfois que l’on reproche aux codes barres leur aspect peu esthétique, mais en réalité cela n’est pas un inconvénient majeur. D’abord parce que le code barres peut être décliné selon différentes couleurs et différentes tailles (0,5 cm² pour les plus petits) et surtout parce le QRcode a l’avantage d’indiquer implicitement que l’objet, sur lequel il est imprimé, offre un dispositif de connexion. Ni le NFC, ni la reconnaissance visuelle n’offrent de signalétique implicite. Elles ne sont repérables visuellement sur un produit que si celui-ci porte des mentions explicites qui, elles aussi, posent des contraintes esthétiques.

Le QRcode a donc d’énormes avantages pour les industriels, tant sur le plan pratique, qu’économique. Et le fait qu’il s’agisse d’une technologie déjà ancienne et éprouvée (inventée au milieu des années 90) est plutôt de nature à rassurer quant à la stabilité et à la fiabilité de celle-ci.

RFID/NFC et reconnaissance visuelle ne sont pas hors-jeux pour autant. Les puces NFC finiront probablement par supplanter les QRcodes, mais il est peu vraisemblable que cela intervienne avant minimum dix à quinze ans. Les coûts doivent d'abords considérablement baisser et la technologie se démocratiser pour devenir accessible à tous. Et même là, il ne parait pas impensable qu'une étiquette NFC soit doublée d'un code barres interactif.
La reconnaissance visuelle, quant à elle, continuera d'évoluer et finira par devenir les yeux de nos ordinateurs, sorte de prothèse optique pour appareil autonome. Un robot ainsi doté pourra, par exemple, reconnaître une partie d'échec et jouer le coup suivant.

En technologie, ce n’est pas toujours le plus récent, le plus impressionnant ou le plus rapide qui devient la norme la plus répandue. On se souviendra qu’il se vend plus de rasoir manuel que d’électrique, que la carte à puce n’a pas conquis les USA, et que le smartphone le plus vendu au monde n’est pas l'appareil le mieux équipé, malgré son immense succès.



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Tableau comparatif :

RFID / NFC

Reconnaissance visuelle

Qrcode

Temps d'identification

très court

très court

très court

Identification absolue

oui

non

oui

Traçabilité et anti-contrefaçon

oui

non

oui

Potentiellement intrusif

oui

oui

non

Signalétique implicite

non

non

oui

Intégration à l'objet

incorporé, collé

non nécessaire

imprimé, gravé

Coût

élevé (fabrication des puces)

selon opérateur

faible (encre)

Smartphones équipés ou équipables

rares

répandus

majoritaires

Résistance usure

Bonne mais peut-être détruite par un aimant

pas d'usure

Bonne - Reconstitue jusqu'à 30% de l'information perdue

Indépendance par rapport à un prestataire

non

non

oui

Fonctionne sur les écrans vidéos

non

oui

oui

Adapté à la presse

non

oui

oui

Adapté au textile

non

oui

oui



Rappel des notions de base :

- RFID/NFC : Il s'agit d'une technologie qui joue avec des ondes électromagnétiques. Lorsqu'une puce "NFC/RFID" entre dans le rayon d'action d'un champ magnétique, celui-ci agite le récepteur de la puce tout en lui fournissant l'énergie nécessaire pour produire une réponse spécifique, généralement un identifiant. On parle de NFC (Near Field Communication) quand le champ électromagnétique est de faible portée (en cm) et de RFID pour un plus grand champ d'action (jusqu’à plusieurs dizaines de mètres). Les smartphones doivent être équipés d’une puce spécifique (émettrice-réceptrice) pour être compatible. A ce jour ils sont encore extrêmement rares mais les fabricants sont tous sur le point de sortir des modèles équipés.

- Reconnaissance visuelle (à ne pas confondre avec la réalité augmentée): Il s’agit d’analyser une photo, prise par l’appareil photo numérique (APN), via un logiciel de reconnaissance pour en déduire ce qu’elle représente. L’astuce consiste généralement à repérer le texte, tel un scanner capable de reconnaître les caractères et à le soumettre à un moteur de recherche pour obtenir des résultats liés aux mots reconnus. Mais les logiciels sont aussi capables d’y repérer des formes, des couleurs et des contrastes puis d’interroger une base de données à la recherche d’un résultat spécifique. La qualité de l’APN est primordiale pour un bon fonctionnement mais la plupart des smartphones de dernière génération sont compatibles.

- Les codes barres : Il s’agit simplement d’analyser une photo, d’y repérer un code barres et de le lire pour en retirer une information. Celle-ci est généralement un identifiant (EAN13 par exemple) mais peut aussi être une URL. Dans le premier cas le smartphone interroge une base de données (table de correspondance) avec l’identifiant et obtient une réponse spécifique. Dans le deuxième cas il se connecte directement à l’URL indiquée. L’analyse de la photo étant particulièrement rapide, les logiciels de lecture sont désormais capables de décoder les codes à la volée (c'est-à-dire en filmant plutôt qu’en photographiant). A ce jour, la quasi-totalité des smartphones ont une application de lecture de code disponible. Celles-ci sont généralement gratuites.

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